*Inoubliable  JOE *

LA BIOGRAPHIE DE JOE DASSIN

1938/1980


Après le divorce de ses parents,
Joe Dassin choisit de retourner aux Etats Unis où il s'inscrit à l'université,
en ethnologie. Il y obtient l'équivalent d'un doctorat.
Musicien dans l'âme, il se produit sur les terrasses des bars en
interprétant Georges Brassens. Il regagne la France, nostalgique, et, par
le biais de quelques relations, parvient à se faire engager pour CBS.
Son premier disque 'Je change un peu de vent' ne s'impose pas ;
néanmoins le fameux 'Bip Bip' récolte le succès qu'il mérite.
Son répertoire se singularise par quelques airs de country-folk
et des textes s'inspirant de chanteurs populaires.
Il multiplie dès lors les tubes : 'Les Daltons', 'Guantanamera', 'Cecilia', 'L'Amérique'...
L'engouement du public atteint son paroxysme avec son tube incontestable 'L'Eté Indien'.
S'enchaîne une kyrielle de tournées et une série de représentations à l'Olympia.
Cependant son parcours s'achève subitement : une crise cardiaque
l'emporte loin de la scène, laissant derrière lui des fans inconditionnels et désolés.

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(© les écrits: Sheila et Marguerite)

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…La salle est comble. Les filles et les mamans, même les grand-mamans. Visages inspirés, yeux brillants, cris de bonheur… Applaudissements forts… une vraie ovation!

Adolescente de 15 ans, je ne vois qu’ une belle silhouette blanche qui vient d’apparaître sur scène. Grands yeux, beau visage, cheveux bouclés qui brillent, cet homme m’a immédiatement séduite. Il ne me quittera plus, mais je ne le sais pas encore.

Il commence à chanter… Et on ne crie plus. On est hypnotisés. Subjugués et fascinés, on l’écoute. Il est un magicien, car dès qu’on entend sa voix, elle guérit nos blessures, elle fascine, elle charme… elle chante!

C’était la première fois où j’ai vu Joe Dassin en concert. Aujourd’hui encore, il reste mon idole.

(Marguerite Gaillard, une fan)

L'ENFANCE DE JOE

Le 5 novembre 1938, c'est le jour où Joe Dassin est né. Son père, Jules Dassin, est cinéaste; sa mère, la belle hongroise Béatrice Launer, est violoniste virtuose. Ils vivent aux Etats-Unis, à New York, mais deux ans après la naissance de Joe, la famille deménage à LA. A Hollywood, Jules Dassin signe son premier contrat avec MGM.

Joe et ses deux soeurs, Rickie et Julie, ont l'enfance très heureux sous le soleil californien, tout près de l'océan, entourés d'amour de leurs parents. Tous les trois, ils sont doués musicalement, et assez tôt ils ouvrent (grâce à leur maman) le monde éternel et beau, le monde de la musique. Joe apprend la guitare, le piano, le banjo. A l'école, Joe est le premier bagarreur, dissipé et espiègle, mais aussi le meilleur de la classe, intelligent et brillant.

"C'était le temps le plus heureux de ma vie", dira-t-il beaucoup plus tard.

Mais voilà, 1951, l’époque du maccarthisme. Joseph MacCarthy, le senateur, crée une commission des activités antiaméricaines et entame une véritable chasse aux sorcières. Jules Dassin est mis sur la liste noire et quitte l’Amérique avec sa femme et ses enfants. Jules et Béa travaillent bien plus que jamais, et ils sont obligés d' envoyer leurs enfants à un pensionnat suisse. Là, à Genève, Joe tombe follement amoureux du ski et préfère ce sport aux études. Malgré cela, en 1955 il obtient son bac avec mention "bien". Son professeur est épaté…

1955. Joe revient à Paris… pour apprendre que ses parents divorcent! Depuis longtemps, ils vivaient comme un frère et une soeur; en plus, Jules est de nouveau tombé amoureux. Sa nouvelle amie est Grecque. Elle n'a que 30 ans, elle est belle comme un jour. Elle s'appelle Mélina Mercouri…

Evidemment, ce coup est trop pénible pour Joe. Avec 300 francs en poche, il abandonne tout et part aux Etats-Unis.

LES ANNEES UNIVERSITAIRES

Joe décide de poursuivre ses études à l'université d'Ann Arbor, Michigan. D'abord, il veut se consacrer à la médecine, mais les experiences sur les animaux sont insupportables pour lui. Alors, Joe se tourne vers l'ethnologie. Il vit avec ses deux amis, l'un Suisse et l'autre Français, et gagne sa vie en travaillant comme plombier, cammionneur, testeur psychologique, garçon au resto universitaire…

Un soir, en servant à boire, Joe voit deux garçons qui sont venus au resto pour chanter du folk avec une guitare. Cette rencontre a changé tout pour lui. Il peut chanter aussi, pourquoi pas? On lui dit souvent qu'il a une belle voix… Avec son ami Alain, ils s'entendent avec le patron du resto, achètent une guitare et viennent pour chanter… du Brassens. Ses chansons passent bien pour le folklore français.

En 1962, Joe obtient son diplôme. Il n'a plus rien à faire en Amérique, il ne veut que revenir chez lui. A Paris. En France. Le jeune Américain est devenu le vrai Français.

LA REUNION

1964. Jules Dassin, qui poursuit en Europe sa carrière de cinéaste, a besoin d'aide. Il commence le travail sur son nouveau film, "Topkapi", une comédie éblouissante, avec Peter Ustinov, Maximilien Schell et – bien entendu! – Mélina Mercouri, mais il faut trouver encore un interprète pour un rôle d'un gitan receleur, pas grand mais important. Jules appelle son fils…

Leur rencontre est très joyeuse. Jules et Joe se parlent, s'entendent et et se réconcilient pour toujours. Jules est fou de bonheur: Joe a facilement conquis le coeur de Mélina, et quelques jours plus tard, ils deviennent les meilleurs amis. Ils passent beaucoup de temps ensemble, ils ont toujours les sujets pour discuter et quelque chose pour rire…

Joe tourne dans "Topkapi", puis dans "Lady L" de Peter Ustinov et dans "Le trèfle rouge" de Jean-Paul Savignac. Il semble que le jeune homme a trouvé sa vocation. Il est effectivement un acteur doué, sincère et sensible, il porte déjà le nom célèbre, il a du physique, il plaît aux femmes… Mais ce que Joe ne veut pas du tout, c'est le destin d'un "fils à papa". Il a entendu déjà les murmures derrière lui: "Qui est ce joli garçon?" – "Bah, vous ne le savez pas? C'est le fils de Jules Dassin!"

Il quitte le cinéma, écrit quelques articles pour Play-Boy, puis double des films américains. Jusqu'au beau jour où…

CELA A COMMENCÉ… À CAUSE D’UNE FEMME

Joe Dassin a commencé à chanter en 1964, un peu par hasard.

Il a 25 ans, il est charmant, il possède une jolie voix, et il est amoureux. Sa bien-aimée, cette charmante Niçoise prénommée Maryse, est folle de Joe – naturellement! – mais aussi de cette voix tendre, chaude et veloutée. Un jour, elle demande à son amie Catherine, qui vient de devenir secretaire chez CBS, de faire un disque souple d’après une bande magnétique. Une chanson interprêtée par Joe est enregistrée sur cette bande. CBS a entendu la voix de Joe, ils l’ont bien aimée et ils ont voulu lui signer un contrat.

Très sceptique d’abord, Joe accepte enfin d’enregistrer un premier disque. “Juste pour voir”. Il ne veut pas chanter, sa voix se casse, les arrangements ne conviennent pas, et le résultat est très mauvais. Malgré tout, Monique Le Marcis, assistante de directeur des programmes de RTL, séduite par la voix de Joe, fait entrer le disque dans la play-list. Lucien Leibowitz de l’Europe 1, aussi.

Le deuxième disque est enregistré 3 mois après le premier… et est le bide complet.

Joe baisse les bras, il veut déjà tout arrêter; mais miracle: CBS France change son directeur. Jacques Souplet, ex-directeur général des disques Barclay, croit au talent de Joe, il demande à le voir et promet que tout va changer. Trois mois plus tard, le troisième disque sort. Et c’est le premier succès de Joe: “Bip-Bip”.

LA NAISSANCE D’UNE BELLE ETOILE

Jacques Souplet connait bien le métier. Il comprend que Joe a besoin d’un bon producteur. Il en pense beaucoup de bien , il cherche et il trouve Jacques Plait qui vient de se séparer amicalement de Claude Carrère avec lequel il a travaillé pendant 3 ans. Souplet demande Jacques Plait de devenir un conseilleur artistique de Joe. Plait, qui entend le nom de Dassin pour la première fois, prend ses 3 disques pour les écouter chez lui et les trouve épouvantables, mais la voix de Joe est superbe, et Plait accepte de rencontrer le jeune chanteur. Le 31 décembre 1965, ils se voient, ils parlent du métier, ils ne le savent pas encore, mais leur collaboration vient de commencer. Bientôt, Joe le baptisera “Jacquot” et ils deviendront des amis inséparables.

Mais ça commence d’un bon coup de gueule: Joe demande un premier conseil de son producteur, et Jacques répond: “Laissez-vous, tout d’abord, pousser les cheveux!”. Joe explose… pour lui, ce n’est qu’une connerie, il ne voit pas le rapport avec sa carrière; Jacques s’explique, Joe s’exécute… Ses magnifiques boucles brunes ajoutent à la beauté de son frais visage aux grands yeux bleus.

Pour le premier enregistrement, Joe et Jacques trouvent 2 titres qu’ils aiment bien: “Ca M’Avance A Quoi” et “Comme La Lune”. Le disque est enregistré à Londres, et l’arrangeur s’appelle Johnny Arthey. Ce Gentleman anglais sera l’arrangeur fétiche de Joe jusqu’à la fin. Tout se passe très bien, et le disque a un succès mérité. CBS demande un 33 tours. Joe et Jacques se mettent à le préparer, mais les musiciens français se mettent en grève. A Londres, la même histoire. Jacques Plait voit une seule solution: enregistrer le disque à New-York. Souplet est d’accord; Joe en est heureux, car il est né à New-York.

Ils sont accueillis avec la cordialité. Le studio et les musiciens sont retenus; la première journée passe bien, mais le soir Joe est pris de panique. Jacques le rassure, il comprend bien que Joe est jeune, angoissé et ne croit pas trop en son talent. Le lendemain, ils enregistrent quelques superbes titres, dont “Excuse Me Lady” et “Dans La Brume Du Matin”.

Les enregistrements, c’est pas tout, il faut encore faire les photos pour la pochette du disque. Joe, lui, a horreur de se faire photographier et se fige dès qu’il voit un appareil. C’est pas facile de le faire se détendre. Mais finalement il oublie la présence des photographes et les photos sont splendides. Toute la France va admirer ce beau jeune homme appuyé sur une Harley Davidson.

Joe est déjà connu, mais pas encore une vedette. Il la deviendra en 1967, avec “Les Dalton”.

En janvier 1967, Bernard Chevry, l’ami de Plait, crée le premier MIDEM. Jacques veut y aller avec Joe pour faire un peu de promotion. Joe ne chante pas, mais il présente le Gala des Trophées, et il le fait avec aisance admirable. Tout le monde est séduit par sa présence, sa beauté et son élégance nonchalante. Le matin, Jacquot croise Joe qui part avec sa guitare et le demande ou il va.

“J’ai rendez-vous avec Henry Salvador, je veux lui montrer une chanson, - dit Joe.

“Quelle chanson?! Tu me la montres tout de suite!”

“Non, non, elle est pas pour moi cette chanson!..”

“Si, si, tu me la montres!”

Joe s’execute, prend sa guitare et chante… “Les Dalton”.

Jacquot, furieux, hurle: “Tu ne la donneras pas à Salvador, tu vas la chanter toi-même!” Et Joe lui répond: “Tu ne vas pas me faire chanter cette connerie!!”

Avec cette “connerie”, il est devenu célèbre.

DE RIVAT ET THOMAS A DELANOE ET LEMESLE

Ces 4 hommes ont beaucoup marqué la carrière de Joe. Leurs noms sont Jean-Michel Rivat, Frank Thomas, Pierre Delanoé et Claude Lemesle.

Joe a fait la connaissance de Rivat dès son premier disque. Rivat a écrit “Bip-Bip”, le premier succès de Joe. Ils sont devenus amis. Rivat, parolier brillant, plein d’humour et de talent, et son talentueux complice Frank Thomas ont écrit les belles paroles de “Marie-Jeanne”, “Siffler Sur La Colline”, “La Bande à Bonnot” et de beaucoup d’autres. Avec Rivat, Joe a créé Edouard, ce chanteur-caricature d’Antoine. Edouard est devenu le plus grand canular de la chanson française.

Claude Lemesle fait son entrée dans la vie de Joe en 1966. Ses débuts ne sont pas faciles, il est dans une situation assez inconfortable entre Joe et Jacques, deux perfectionnistes – deux “emmerdeurs”, comme dit Plait, mais malgré tout il progresse vite et écrit les paroles de 3 chansons du nouvel album de Joe. Plus tard ce jeune poête est devenu l’un des plus grands auteurs français. L’ami fidèle de Joe, Claude était toujours avec lui, collaborateur, admirateur et complice.

Claude Lemesle a écrit la plupart des plus grandes chansons de Joe en collaboration avec Pierre Delanoé qui est sans doute le plus grand des paroliers français. Pas besoin de présenter ce Monsieur qui écrivait pour toutes (ou presque) les grandes vedettes, dont Bécaud, Aznavour, Sardou, Dalida… Delanoé et Lemesle seront là près de Joe jusqu’à la fin. Combien le coeurs amoureux de Joe étaient séduit par la beauté de leurs mots!

LE COSTUME BLANC

En 1967, Joe est invité dans une émission “Salves d’or”, avec Henry Salvador la vedette et sa femme Jacqueline la productrice. Jacqueline est folle de Joe, elle veut le prendre dans toutes leurs émissions. Cette fois, pour les besoins du scénario, Joe est habillé en planteur de la Nouvelle-Orléans, tout en blanc.

Quand Jacqueline Salvador le voit pour la première fois dans ce costume, elle ne peut pas retenir un cri d’admiration. Joe, tout rouge de confusion, ne sait pas où se mettre, mais Jacqueline poursuit: “Tu dois garder ce costume pour la scène. Le blanc attire la lumière, et il te va si bien!” Le fameux costume blanc vient de voir le jour. Il correspond absolument à la personnalité de Joe.

Et voilà, c’est déjà; le Joe Dassin qu’on connait bien, c’est notre Joe préféré! Il est un rêve, un Prince Charmant pour toutes ses admiratrices. Toutes les femmes le désirent; il les fait oublier le gris du quotidien, les fait rêver; il les rend heureuses. Sa voix fantastique convient totalement à son image qui incarne le charme, la classe et la beauté enjôleuse.

Tu as tout pour plaire, la France t’adore déjà, Joe!

L’OLYMPIA… ET IL EST LE PLUS POPULAIRE!

Octobre 1969, c’est le premier gala de Joe à l’Olympia.

C’est évident que le public français est déjà complêtement séduit par ce jeune chanteur à la voix unique. L’Olympia est le seul bastion qui résiste encore au baryton velouté et au sourire ravageur de Joe, et le 25 octobre 1969 ce bastion tombe.

Les ovations et les rappels sont interminables. Joe, les yeux humides d’émotion, se sent comme dans un rêve. Ce soir-là il était plus éblouissant que jamais, sa belle voix pleine de sensibilité faisait pleurer de bonheur; ce n’était pas de la musique mais de la magie… Désormais, Joe Dassin est le chanteur français le plus populaire. Il conjugue toutes les qualités des meilleurs chanteurs de sa génération: la force et la présence de Johnny, le charme de Claude François, la tendresse d’Adamo – et il a la voix de JOE DASSIN, mais aussi la sagesse, l’humour et la finesse…

“Les Champs-Elysées”, “Le Petit Pain Au Chocolat”, puis “L’Amérique”, “Cecilia”, “La Fleur Aux Dents”, les tubes se suivent… Joe est déchiré par ses admiratrices énamourées qui le suivent partout et lui envoient 600 lettres par jour. Il y a de quoi perdre la tête, mais Joe reste calme et ne veut que vivre le plus tranquillement. Pas de sensations, pas de scandales dans la presse. Il n’a pas besoin de trucs de ce genre pour garder l’amour et l’admiration de son public – le public essentiellement féminin, mais très varié, de tous les àges, le public sincère et dévoué; Elles le trouvent beau; il l’est vraiment avec ses grands yeux bleus, son visage très “classique” et très doux, et bien sùr son sourire – charmeur et super sexy - mais il est trop modeste et trop pudique pour en profiter bien. Elles adorent sa voix; il le sait mais ne veut pas y croire. Perfectionniste qui n’est jamais content, il travaille énormement sur chacune de ses chansons, les refait et réenregistre… tout doit être parfait. Joe ne croit pas en son talent et dit qu’il faut travailler pour avoir du succès. Le talent fou et le travail acharné; le résultat est toujours formidable. Succès ou pas, toutes ses chansons ont un point commun: ce sont des chef-d’oeuvres. La chaîne des succès est poursuivie par “Salut Les Amoureux”, puis “Si Tu t’appelles Mélancolie”, “L’Eté Indien” - l’une des plus belles chansons du siècle – “Salut”, “Dans Les Yeux D’Emilie”… Joe Dassin, le Roi des coeurs et des hit-parades, était toujours le premier. Pendant toutes ces belles années – les années Joe Dassin.

LA STAR MALGRE LUI

Jacques Plait, son directeur artistique, Claude Lemesle et Pierre Delanoé, ses paroliers et amis, et, bien entendu, Maryse, son amour et son ange-gardien, sont toujours avec Joe. Il voyage beaucoup, chante en Allemagne, en Italie, en Grèce. Il compose beaucoup pour les autres chanteurs, surtout pour ses amis: Gigliola Cinquetti, Carlos, Mélina Mercouri. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, et Joe est déjà plus qu'une vedette locale, il entame la carrière d'une star internationale. Ses nouvelles chansons, dont "L'Amérique", "Cecilia", "La fleur aux dents", sont classées dans les hit-parades étrangers. Mais sa vie folle lui semble toujours plus dure, et il profite de chaque possibilité d'échapper de ses fans, de disparaître pour quelques jours, pour se reposer. Pour devenir ce Joe qu'il était toujours. En 1973, il s'achète un terrain à Tahiti – il adore la nature tropique, en plus, là-bas, loin de la France, des studios d'enregistrement, des salles combles, des groupies enamourées, il se sent plus calme que jamais.

En 1975, Joe enregistre la chanson qui devient son plus grand succès: "L'été Indien". Le simple 45 tours bat tous les records de ventes, et le superbe slow devient le plus gros tube d’été. Joe Dassin, la star malgré lui, est au sommet de sa gloire. Et il en est déjà fatigué.

ADULÉ, MAIS MAL COMPRIS ET TOURMENTÉ

Joe Dassin était, sans aucun doute, un personnage très particulier dans le monde de la chanson.

"Personne ne le connait vraiment, - dit Claude Lemesle, son parolier et ami. - Son image créée par les médias n'a rien de commun avec le véritable Joe." Cela ressemble à un paradoxe, mais c'est comme ça, Joe Dassin, ce chanteur extraordinairement populaire, adulé, était sous-estimé.

Combien d'entre ceux et surtout celles qui l'admiraient sur scène connaissaient Joe l'inconditionnel du grand Georges Brassens (il connaissait toutes les chansons de Brassens par coeur!), Joe le connaisseur de la musique classique, du jazz? Joe l'introverti qui était trop discret et trop réservé pour vivre sa vie de vedette? Joe l'intellectuel qui lisait énormement, qui parlait 6 langues? Joe le perfectionniste qui ne croyait pas en son talent, qui travaillait comme un fou pour "polir" chaque chanson?.. Ce Joe Dassin inconnu qui se cachait derrière l'image dont la beauté et l'insouciance ont séduit trois générations de femmes?..

Ce deuxième Joe Dassin se sentait mal dans sa peau de vedette. Pendant toute sa vie, cette bipolarité de sa nature n'arrêtait pas de le tourmenter...

LA FIN TRAGIQUE

Le divorce de Joe et Maryse Massiera en 1977 est devenu le premier acte d’une tragédie déchirante.

Joe se marie pour la deuxième fois. Sa nouvelle épouse s’appelle Christine Delvaux. Elle est vendeuse Rouennaise. Est-ce qu’elle est belle? Non, pas du tout. Intelligente, brillante? Moins encore. Mais cette femme sans éclat, très ordinaire, donne à Joe deux enfants. Deux petits garçons, Jonathan et Julien. Joe est fou de bonheur, mais ça ne dure pas longtemps. Son mariage avec Christine a été la plus grande erreur de sa vie.

Julien est né le 22 mars 1980; le lendemain, Joe demande le divorce. La suite… on la connait si bien !

Epuisé, tourmenté, Joe nous quitte le 20 aoùt 1980. Son coeur si grand et si fragile pourtant n’a pas pu supporter toute la douleur que Dieu lui a destiné. La belle étoile s’est éteinte, mais sa lumière éclaire encore nos chemins.

Après la disparition de Joe, Christine Dassin a fait tout ou presque pour salir sa mémoire et dénigrer sa famille – sa maman, son père, ses soeurs… Ses interviews scandaleux se sont arrêtés à jamais le 5 décembre 1995, le jour de la mort de Christine.

…Tu chantes encore, cher Joe, et ta chaleur et ta sincérité sont aussi éternels que tes refrains et notre amour pour toi. Mais tu nous manques terriblement, avec tes mots sages, tes nouvelles chansons que tu ne chanteras jamais, ta présence et ton sourire. Merci de nous avoir laissé tellement de beaux souvenirs, merci de nous avoir permis de t’aimer. Ton image est gravée à jamais dans les coeurs de ceux et celles qui ont eu la chance de te voir un jour. La mort n’existe pas vraiment, elle est impuissante devant la musique, l’amour et la beauté.

Merci de cette belle histoire, cher Joe Dassin.

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* Inoubliable  JOE  *

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