Un moment historique...


Quand j’apprends qu’une femme atikamekw, Éva Ottawa, vient d’être élue grand chef de sa nation, je me réjouis parce que son peuple vient de reconnaître la compétence et la capacité d’une femme à diriger ses destinées.

Autant Mme Ottawa se situe dans la lignée des femmes de chez nous qui ont fait leur place en politique, autant elle peut encourager les femmes à s’intéresser à la direction des affaires publiques dans tous les domaines, y compris la religion.

L’Église catholique a connu une grande histoire chez nous et on assiste depuis plusieurs années à sa stagnation et à son déclin. Reconnaissons que la révolution tranquille a fait mal à l’Église. Reconnaissons aussi la perte de son pouvoir sur la société civile. En général, une perte fait mal. Ça fait mal présentement de voir le pouvoir mâle se débattre avec une église en décroissance. Ça fait encore plus mal de voir des catholiques si attachés d’une part aux rites et, d’autre part, si pauvres dans la connaissance de leur tradition spirituelle et démunis quand vient le temps d’articuler foi en Jésus-Christ et vie quotidienne. Rien ne sert pourtant de se désoler sur le passé.

Je préfère regarder en avant. Et je vois dans l’église de mon diocèse que de nombreuses femmes ont acquis une formation théologique. Je vois aussi des femmes prendre le relais de la pastorale dans les paroisses où les prêtres manquent. Je vois des femmes travaillant aux côtés de notre évêque et des prêtres à animer la vie spirituelle et catéchétique de notre église. Et je m’en réjouis. Je me dis que l’Église est menée par l’Esprit saint et trouvera les moyens de répondre à l’appel de Jésus: Faites des disciples…

Si les Atikamekws ont pris les moyens pour survivre et progresser en tant que peuple, saurons-nous dans l’Église catholique reconnaître pleinement que les femmes peuvent exercer le service et la fonction de pasteur aux plus hauts niveaux?

Irais-je jusqu’à espérer que les évêques québécois prendront acte des changements dans notre société, qu’ils oseront écouter l’Esprit saint et faire une place aux femmes dans les rangs des prêtres? Les premiers témoins de la résurrection furent des femmes, pourquoi le témoignage des femmes d’ici ne pourraient pas être entendu et reconnu?

© Michel Bourgault, agent de pastorale

( Merci Gilles.L.)

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