Le Canada a envoyé de jeunes soldats pour participer à des essais atomiques quatre
fois plus puissants que la bombe d'Hiroshima et le gouvernement fédéral refuse de
reconnaître sa responsabilité pour les cancers et autres maladies graves qui ont
affecté les militaires à la suite de la mission. Sans compter les malformations dont
souffrent de nombreux enfants de soldats ayant été exposés à d'intenses radiations
nucléaires.

C'est cette tragique histoire que trois vétérans canadiens sont venus expliquer dans
une salle du parlement à Ottawa.

En 1957, l'armée canadienne a réuni 40 de ses jeunes soldats, plusieurs âgés de 18
ans, et les a envoyés dans le désert du Nevada dans le but de participer à des essais
atomiques militaires menés par les États-Unis.

Au cours de leur mission de deux mois, ils ont été obligés d'observer de très près six
explosions nucléaires de grande puissance.

Les soldats canadiens étaient postés dans des tranchées et, immédiatement à la
suite de la déflagration, ils devaient faire des manoeuvres militaires. «Les autorités
canadiennes n'ont pas informé les soldats du caractère très dangereux de la mission
d'entraînement», a relaté Jim Huntley, un des vétérans toujours en vie et qui a précisé
qu'au moins 22 de ses anciens collègues sont décédés des suites de cancers et de
maladies débilitantes causées par les radiations atomiques.

C'est seulement rendus au Nevada que nous avons réalisé que nous devions faire des
manoeuvres militaires près des lieux d'explosion des bombes atomiques», a poursuivi
celui qui agit comme porte-parole de l'Association des vétérans des essais atomiques.

Les vétérans tentent en vain depuis 15 ans d'obtenir du gouvernement canadien une
reconnaissance des faits, une compensations financière individuelle de 150 000$ CAN
et des prestations de retraite militaires pour les veuves des soldats décédés des
suites des radiations.

Depuis le début de l'année, deux ministres de la Défense du gouvernement
conservateur, Gordon O'Connor et Peter McKay, ont fait des promesses qui n'ont pas
été tenues. L'Associations des vétérans des essais atomiques envisage maintenant
d'intenter un recours collectif contre le gouvernement canadien.

Au moins 22 du groupe original de 40 soldats canadiens sont déjà morts. Huit enfants
de soldats souffrent de malformations. Et ce chiffre est un minimum, car les familles
préfèrent garder confidentielles les conséquences génétiques des radiations
nucléaires.

Au contraire du Canada, les États-Unis ont reconnu les faits et, sous la présidence de
Bill Clinton, le gouvernement américain a offert une compensation individuelle de 75
000$ US à ses soldats qui avaient participé aux mêmes essais nucléaires.
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Un documentaire a été réalisé sur cette affaire qualifiée de «pathétique» par M.
Huntley. Réalisé par Guylaine Maroist et Éric Ruel, le film, intitulé Bombes à
retardement, sera diffusé prochainement à la télévision.

En français, il sera présenté le dimanche 11 novembre 2007 sur Canal D et, en
anglais, la veille, 10 novembre sur Global Television.

Mme Marois a expliqué que la mission de 1957 en sol étatsunien n'a pas été la seule
à impliquer des militaires canadiens dans des essais d'explosions atomiques. En tout,
le Canada a envoyé 456 soldats dans des missions similaires entre 1940 et 1962.

Texte ©  Normand Rhéaume

 

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